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23e édition Festival du Film de Sarlat - novembre 2014


Le Festival du Film de Sarlat a été créé en 1991 par J.Lang pour développer l'option cinéma au bac.

Ainsi chaque année, 600 lycéens de terminales venant de toute la France se retrouvent à Sarlat et rencontrent réalisateurs, scénaristes,  techniciens, critiques, historiens et bénéficent sur place d'une préparation spécifique pour le baccalauréat avec des conférences et des  rencontres organisées autour du film du Bac, celui de cette année étant  "De battre mon coeur s'est arrêté" de Jacques Audiard.
  • 8 films français présentés en sélection officielle en présence des équipes + Film de clôture
  • 23 films sélection "Tour du Monde" + 2 Projections Spéciales
  • Une sélection de 12 courts métrages 
  • des rencontres de professionnels et des ateliers destinés aux lycéens et ouverts au public
Liste des Prix décernés : Salamandre d'or (vote du public), Prix du Jury Jeunes, Prix des Lycéens, Prix d'interprétation masculline et féminine.

 Guest Star de cette 23ème édition : le nouveau Rex doté de 6 salles pour 961 fauteuils.

 Le site du festival : http://www.festivaldufilmdesarlat.com






1. Coming Home 
de Zhang Yimou  - Sélection Tour du Monde - Chine (sortie France : 17 décembre 2014).

Synopsis : Lu Yanshi, prisonnier politique, est libéré à la fin de la Révolution Culturelle. Lorsqu’il rentre chez lui, il découvre que sa femme souffre d’amnésie. Elle ne le reconnait pas et chaque jour, elle attend le retour de son mari, sans comprendre qu’il est à ses cotés.

Drame intimiste adapté du roman "The Criminal Lu Yanshi" de Yan Geling dont le réalisateur ne conserve qu'une partie, la tentation d'évasion ratée du mari puis son retour après la Révolution Culturelle.

Réalisation ultra classique mais soignée par le réalisateur du célèbre "Epouses et concubines" où il mettait déja en scène son épouse et muse Gong Li.

Prix du Public - Festival de Cabourg  2014

Tel père, tel fils
2. A la vie  
de Jean Jacques Zilbermann - Sélection Tour du Monde - France (sortie nationale : 26 novembre 2014).

Synopsis : 1960. Trois femmes, anciennes déportées d’Auschwitz qui ne s’étaient pas revues depuis la guerre, se retrouvent à Berck-Plage. Dans cette parenthèse de quelques jours, tout est une première fois pour Hélène, Rose et Lili : leur premier vrai repas ensemble, leur première glace, leur premier bain de mer… Une semaine de rires, de chansons mais aussi de disputes et d’histoires d’amour et d’amitié...

Librement inspiré du vécu de la mère du réalisateur qui fut déportée à Auschwitz, Jean Jaques Zilbermann a la bonne idée de situer l'action de son film dans les années colorées et insouciantes des années 60, ce qui le rend léger et gai sans plus.
3. Bébé Tigre
de Cyprien Vial - Sélection Tour du Monde - France (sortie nationale : 14 janvier 2015).
 
Synopsis: Bébé Tigre c’est Many, jeune indien de 17 ans, pris en charge par l’état français il y a 2 ans. Sur la voie d'une intégration exemplaire, il ne pose de problème à personne, sauf à ses parents à qui il ne peut envoyer d'argent...

Tourné en 7 semaines pour 1.7 million d'euros et sélectionné dans différents festivals (Namur, Saint Jean de Luz et La Roche sur Yon...) ce 1er film de Cyprien Vial traite d'un sujet sensible celui des enfants indiens envoyés en France pour récolter de l'argent pour leur famille restée en Inde. 
4. Naguima
de Janna Issabaeva - Sélection Tour du Monde - Kazakhstan  (sortie France : 26 novembre 2014).

Synopsis : Kazakhstan de nos jours. Naguima, jeune femme réservée, abandonnée à la naissance, partage une chambre dans un quartier-dortoir d'Almaty avec sa sœur de cœur, Ania, rencontrée à l'orphelinat. Enceinte, Ania meurt lors de l'accouchement. A nouveau seule, Naguima va tenter de reformer une famille…

4ème film de la réalisatrice, tourné en russe avec peu de moyens, 12 personnes et un appareil photo!! Les comédiennes furent castées dans des orphelinats. Diffcile de trouver une lueur d'espoir dans cette histoire déchirante et tragique inspirée de l'enfance de la cinéaste.

Lotus du Meilleur Film - Festival du Film asiatique de Deauville Mars 2014

5. Vincent n'a pas d'écailles   
de Thomas Salvador - Sélection Officielle (sortie nationale : 25 février 2015).

Synopsis : Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie. Ils tombent amoureux mais Vincent hésite avant de lui dévoiler son secret. Une violente altercation pousse Vincent à utiliser sa force pour défendre un ami. La bagarre tourne mal, son don est découvert. Il décide de prendre la fuite...

Court-métragiste reconnu, Thomas Salvador se surpasse dans ce film où il endosse le rôle principal, des images fascinantes sans effets numériques tournées dans les Gorges du Verdon.

Les accros aux héros américains craqueront-ils pour Vincent ? On l'espère, la critique devrait être sous le charme.
Prise de contact directe avec le distributeur dès la sortie de la salle pour faire venir Thomas Salvador au Vésinet...

Grand Prix du Jury au Festival du film indépendant de Bordeaux.


Thomas Salvador

6. Whiplash  
de Damien Chazelle - Sélection Tour du Monde - Etats-Unis (sortie France : 24 décembre 2014).
 
Synopsis : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

C'est en remportant le prix du jury du Court Métrage à Sundance en 2013 pour Whiplash que Damien Chazelle trouve du financement pour en faire un long qu'il présente dès l'année suivante et remporte deux nouveaux Prix (Jury+Public).
 
Ce jeune cinéaste franco américain d'à peine 30 ans a été batteur dans un conservatoire de jazz durant 4 ans . Son scénario est centré sur la relation professeur/élève entre un jeune batteur de jazz et son mentor qui pousse l’exigence et la discipline à l’extrême. Whiplash explore la limite des sacrifices qu’un artiste est prêt à faire pour réussir.  Virtuose!!

Grand Prix et Prix du Jury au Festival du Cinéma Américain de Deauville - Septembre 2014.

7. Loin des Hommes
de David Oelhoffen - Sélection Officielle  (sortie nationale : 14 janvier 2015).

Synopsis: 1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

Libre adaptation de la nouvelle d'Albert Camus (L'hôte) complétée par "Chroniques algériennes" du même auteur.

Tourné au Maroc dans le Haut Atlas pour des raisons financières et de sécurité, le film est d'une grande originalité et nous rappelle les grands espaces des westerns de John Ford. Le récit est juste et sans lourdeur, les images magnifiques.

Co-producteur à force d'implication, Viggo Mortensen porte littéralement le film et vole la vedette à Reda Kateb (Hippocrate).

Grand Prix du Festival de la Réunion  2014.


David Oelhoffen
8. Mon Fils
d'Eran Riklis - Sélection Tour du Monde - Israël  (sortie France : 11 février 2015).

Synopsis : Eyad a grandi dans une ville arabe en Israël. A 16 ans, il intègre un prestigieux internat juif à Jérusalem. Il est le premier et seul Arabe à y être admis. Il essaie désespérément de se faire accepter par ses camarades mais n’a qu’un véritable ami, Jonathan, un garçon atteint d’une maladie héréditaire. Progressivement, Eyad se rapproche de la famille de Jonathan, apportant du courage et de la force à sa mère Edna. Il devient vite le deuxième fils de la famille et réalise qu’il doit sacrifier son identité pour trouver sa place dans le monde où il vit désormais.

Eran Riklis est né en 1954 à Jérusalem, élevé aux États-Unis, au Canada et au Brésil, il vit désormais à Tel Aviv. Il a connu la renommée internationale avec deux films : La Fiancée Syrienne (2004) et Les Citronniers (2008).

Sujet potentiellement dérangeant sur les difficultés d'insertion sociale d'un enfant arabe dans la société israélienne, ce film est une vraie réussite entre rires et larmes, mon coup de coeur de Sarlat.
9. Titli 
de Kanu Behl - Sélection Tour du Monde - Inde (sortie France : 25 février 2015).
 
Synopsis : Dans les quartiers malfamés de la banlieue de Delhi, Titli, benjamin d'une fratrie de violents braqueurs de voitures, tente désespérément d'échapper à l'entreprise familiale. Ses plans sont contrecarrés par ses frères, qui le marient contre son gré.Titli trouve une alliée inattendue en Neelu, sa jeune épouse qui, comme lui, nourrit d'autres rêves. Ils concluent un pacte inhabituel pour se libérer du poids familial. Mais la fuite est-elle la liberté?

Titli concourait à Cannes pour la Caméra d'Or, 1er film de Kanu Behl qui s'est inspiré de sa propre histoire familiale, entre satire sociale et polar ultra violent à la limite de l'insoutenable, on est loin de la fraicheur de la Lunchbox de l'année dernière.
10. Le Dernier coup de marteau
d'Alix Delaporte - Sélection Officielle  (sortie nationale : 11 mars 2015).

Synopsis: Quand il pousse la porte de l'opéra de Montpellier, Victor ne connait rien à la musique. Il ne connait pas non plus son père, Samuel Rovinski, venu diriger la 6ème symphonie de Mahler. Pour inverser le cours de son avenir devenu brusquement incertain, pour sa mère, Nadia, pour Luna dont il est tombé amoureux, Victor a décidé de se montrer. Il ira jusqu'au au bout.

Alix Delaporte fait une 1ère apparition à Sarlat en 2010 avec "Angèle et Tony" qui remporte un beau succès public et récompense d'un César Clotilde Hesme et Grégory Gadebois, une histoire de reconstruction affective entre un marin pêcheur bourru et une ex-taularde.

Présenté à la Mostra de Venise en septembre, "Le dernier coup de marteau" est un mélodrame où la réalisatrice trouve la bonne distance avec ses personnages nous évitant ainsi d'être pris en otage. Sa mise en scène est délicate bercée par la symphonie de Mahler.

Le jeune comédien Romain Paul a reçu le Prix Marcello Mastroianni à la Mostra de Venise.

Echange avec le distributeur Pyramide Films, (Bande de Filles) pour organiser une rencontre avec Alix Delaporte le jours de la présence de Grégory Gadebois au théâtre du Vésinet le mardi 7 avril qui revient jouer "des fleurs pour Algernon"  A suivre ...

Alix Delaporte

11. Timbuktu 
de Abderrahmane Sissako - Sélection Tour du Monde - Mauritanie-Mali (sortie France : 25 février 2015).
 
Synopsis : Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s'en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Seul représentant de l'Afrique en compéttion offcielle au dernier festival de Cannes, le cinéaste mauritanien revient au long métrage après "Bamako" en 2006. Son film est né d'une colère en découvrant un fait divers atroce : la lapidation à mort de deux jeunes parents, dans la petite ville d'Agelhok, au prétexte qu'ils n'étaient pas mariés. Ce crime a inspiré une scène d'une violence effroyable.

Une attention particulière portée à la lumière magnifique de Sofian El Fani, le directeur de la photo de "La Vie d'Adèle".



22e édition Festival du Film de Sarlat - novembre 2013



 Le Festival du film de Sarlat a été créé en 1991, initié par Jack Lang pour développer l'option cinéma au baccalauréat.
 Ainsi chaque année, 600 lycéens de terminales venant de toute la France se retrouvent à Sarlat et rencontrent réalisateurs, scénaristes,  techniciens, critiques, historiens et bénéficent sur place d'une préparation spécifique pour le baccalauréat avec des conférences et des  rencontres organisées autour du film du Bac, celui de cette année étant  "L’étrange affaire Angelica" de Manoel de Oliveira.
  • 8 films français présentés en sélection officielle en présence des équipes 
  • 18 films sélection "Tour du Monde"
  • 6 courts métrages 
  • des rencontres de professionnels et des ateliers destinés aux lycéens et ouverts au public
 Liste des Prix décernés : Salamandre d'or (vote du public), Prix du Jury Jeunes, Prix des Lycéens, Prix d'interprétation masculline et féminine.

 12 films en 4 jours aux côtés d'Isabelle Marolleau, comédienne que je suis depuis le Cours Florent et suis allée soutenir cet été à Avignon.

 Le site du festival et celui de Capia, la compagnie d'Isa : http://www.festivaldufilmdesarlat.com/   http://www.compagniecapia.com






1. Tel père, Tel fils 
de Hirokazu Kore-Eda  - Sélection Tour du Monde - Japon (sortie France : 25 décembre 2013).

Synopsis : Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste…De cet événement inattendu émergera toute la fragilité du père et fera exploser tous ses codes.

Le réalisateur confirme avec ce 9ème film son goût pour la thématique de l’enfance après "Nobody Knows" où il suivait 4 enfants abandonnés par leur mère. Le film fait volontairement l'éloge de la lenteur pour montrer le contraste avec l'efficacité japonnaise où tout doit toujours être sur les rails.

Prix du Jury - Festival de Cannes  2013

Tel père, tel fils
2. Angélique  Film d'ouverture 
d'Ariel Zeitoun - Sélection officielle (sortie France : 18 décembre 2013). 

Fallait-il refaire "Angélique" ?

Ariel Zeitoun nous livre un film spectacle qui regorge d'énergie, il en oublie sa direction d'acteurs et ne parvient pas selon son souhait à nous faire oublier le couple mythique que formait Michele Mercier et Robert Hossein dans les années 60.

Un film d'ouverture pas vraiment à sa place dans la programmation du festival du film de Sarlat mais porteur car en première projection pour la presse.
Avec Gérard Lanvin, Nora Arnezeder, Tomer Sisley. En cas de succès, Angélique pourrait bien avoir droit à une suite ...
Angélique

3. Henri
de Yolande Moreau - Sélection Tour du Monde - Belgique  (sortie France : 4 décembre 2013).
 
Synopsis : Henri, la cinquantaine, d’origine italienne, tient avec sa femme Rita un petit restaurant près de Charleroi, "La Cantina". Une fois les clients partis, Henri retrouve ses copains, Bibi et René, des piliers de comptoirs ; ensemble ils tuent le temps devant quelques bières en partageant leur passion commune, les pigeons voyageurs. Rita meurt subitement, laissant Henri désemparé. Leur fille Laetitia propose alors à Henri de se faire aider au restaurant par un "papillon blanc", comme on appelle les résidents d’un foyer d’handicapés mentaux proche de "La Cantina". Rosette est de ceux-là. Elle est joyeuse, bienveillante et ne voit pas le mal. Son handicap est léger, elle est simplement un peu "décalée". Elle rêve d’amour, de sexualité et de normalité. Avec l’arrivée de Rosette, une nouvelle vie s’organise.

Au pays de la frite et de la bière, un homme frappé par le deuil se rèvèle et retrouve gout à la vie au contact de ses copains et d'un papillon blanc.
La valeur humaine est au coeur de ce  film présenté en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au dernier Festival de Cannes.

Second film de Yolande Moreau après "Quand la mer monte" en 2004 - César de la Meilleure 1ère oeuvre et César de la meilleure actrice.

Henri
4. Eka & Natia, chronique d'une jeunesse géorgienne
de Nana Ekvtimishvili et Simon Grob - Sélection Tour du Monde - Géorgie  (sortie France : 27 novembre 2013).

 Synopsis : Inséparables, Eka et Natia vivent à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique. À 14 ans, elles vivent le quotidien des jeunes filles de leur âge, dans la rue, à l’école, avec les amis ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles luttent pour leur liberté avec l’énergie et la force de la jeunesse.

Plongée au coeur de la vie quotidienne et de la réalité culturelle d'un pays, entre fraicheur d'une jeunesse et violence sous jacente qui émane des conflits au lendemain de l'effondrement du bloc soviétique. Inséparables, la complicité d'Eka & Natia" se délite quand Natia décidera de se marier.

Primé au Festival international du Film de Berlin avec le Prix CICAE (Confédération Internationale des Cinémas d’Art et d’Essai). Une récompense à Sarajevo pour le meilleur film et un prix au Festival Paris Cinéma 2013.

Eka et Natia, Chronique d'une jeunesse georgienne


5. L'Epreuve d'une vie
de Nils Tavernier - Sélection officielle (sortie France : 5 mars 2014). 

Synopsis : Comme tous les adolescents, Julien rêve d’aventures et de sensations fortes. Mais lorsqu’on vit dans un fauteuil roulant, ces rêves-là sont difficilement réalisables. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui au triathlon « Ironman » de Nice: une des épreuves sportives les plus difficiles qui soit. Autour d’eux, c’est toute une famille qui va se reconstruire pour tenter d’aller au bout de cet incroyable exploit.

Une famille disloquée par le handicap se reconstruit sous nos yeux, " L'Epreuve d'une vie" est un film de contraste entre quête affective du père et omniprésence de la mère. Le cinéaste cherche un peu trop à nous émouvoir et traite son sujet assez superficiellement préférant prôner l'héroîsme familial, pas sure que les critiques apprécient mais les spectateurs d"Intouchables surement . Nils Tavernier cherche à donner un autre titre à son film.

Avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy, Fabien Héraud.

L'épreuve d'une vie
6. Suzanne
de Katell Quillévéré - Sélection officielle (sortie France : 18 décembre 2013).

Synopsis : Récit d'un destin et d'une vie ravagée par l'immaturité affective, malgré les liens qui l'unissent à sa famille Suzanne pousuivra son amour jusqu'au bout abandonnant tout derrière elle sans concession.

Tout sonne juste chez Katell Quillévéré, jeu irréprochable des acteurs, maitrise parfaite du sujet et désir de montrer son travail.
Une réalisatrice brillante découverte par "Un poison violent" Prix Jean Vigo 2010 que nous avons découvert ensemble à la rentrée 2010.

Avec Sara Forestier, François Damiens, Adèle Haenel, Paul Hamy.
Suzanne
7. Girafada
de Rani Massalha - Sélection Tour du Monde - Palestine  (sortie France : 5 mars 2014).

Synopsis : Ziad, 10 ans vit seul avec son père, vétérinaire dans le dernier zoo  de Palestine. Il soigne les girages et s'avère être le seul à pouvoir communiquer avec elles, alors quand le mâle meurt après un raid aérien et que la femelle se laisse mourir, ils devront tous les 2 affronter tous les dangers pour ramener un nouveau compagnon à Rita depuis Tel-Aviv.

Magnifique relation père fils fusionnelle et protectrice sur fond de conflit israelo-palestinien, le film est tiré d'une histoire vraie, les images sont superbes.

Présenté par Laure de Clermont, la journaliste dans " Girafada" et réalisatrice d'un court métrage "Atlantic Avenue" présenté le même jour dans la sélection courts métrages.

Girafada
8. L'Amour est un crime parfait  
de Arnaud et Jean Marie Larrieu - Sélection officielle (sortie France : 15 janvier 2014).

Synopsis : Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa fille disparue...

Thriller amoureux dans un paysage de rêve, extrêmement bien maitrisé,  les frères Larrieu nous tiennent en haleine jusqu'au bout mais le film nous quitte vite.
Anectode : à la lecture du scénario Karin Viard et Maïwenn ont demandé aux réalisateurs d'échanger leurs rôles.

Avec Mathieu Amalric (excellent), Karin Viard, Maïwenn, Sara Forestier, Denis Poldalydès.
L'Amour est un crime parfait

Karin Viard entouré des frères Larrieu et en interview avec des lycéens

9. Un week-end à Paris 
de Roger Michell  - Sélection Tour du Monde - Royaume Uni (sortie France : 12 mars 2014).

Synopsis: Un couple anglais vient à Paris fêter ses trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l'humour, la fantaisie et le plaisir d'être ensemble.

 Une comédie douce amère par le réalisateur de "Coup de foudre à Notting Hill" tout à fait rafraichissante.

Prix d'interprétation au Festival de San Sebastian pour Jim Brodbent


  

10. Les garçons et Guillaume, à table !  
de Guillaume Gallienne - Sélection officielle (sortie France : 20 novembre 2013). 

Synopsis : Le premier souvenir que j'ai de ma mère c'est quand j'avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table ! " et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t'embrasse ma chérie"; eh bien disons qu'entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

L'audace de faire rire de soi, un Guillaume Gallienne très intimidé par le succès annoncé de son film.

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs Cannes (2 prix) au Festival de Deauville (1 prix) et à Sarlat (2 prix dont celui décerné par les lycéens).


11. The Lunchbox
de Ritresh Batra  - Sélection Tour du Monde - Inde (sortie France : 11 décembre 2013).

Synopsis : Ila, une jeune femme délaissée par son mari, tente de pimenter son mariage gràce aux plateaux repas qu'elle lui prépare pour déjeuner à son travail, la "lunchbox". Ce qu'elle ignore, c'est que la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, salarié d'une entreprise de textile proche de la retraite. Etonnée de n'avoir aucune réponse de son mari, Ila glisse le lendemain un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère. Débute alors une relation épistolaire entre Ila et Saajan, où l'excitation de dialoguer avec un inconnu se transforme en une amitié inattendue.

Sélectionné à la Semaine de la Critique - Cannes 2013
Un court métrage en 2011 "Café Régular, Cairo" récompensé par 12 prix dans de nombreux festivals.

Un instant de grâce, mon film préféré de la sélection "Tour du Monde" à partager en janvier au Vésinet.

12. La Belle Vie
de Jean Denizot - Sélection Tour du Monde - France  (sortie France : 9 avril 2014).

Synopsis : Dix années que Sylvain et Pierre se cachent avec leur père sur les routes de France, après le divorce parental et les décisions judiciaires qui ont poussé Yves à la clandestinité. Mais les enfants ont grandi, et la cavale, sans fin, les prive des rêves et joies de leur âge. Quand le filet se resserre et qu'il faut fuir à nouveau, Pierre, l'aîné dispararaît. Seul avec son père sur une île de la Loire, Sylvain rencontre Gilda : première fille, premiers regards tendres et première étape sur le chemin de la belle vie, la sienne.

En présence de Jean Denizot et de sa distributrice, le film a obtenu la Mention Spéciale du Jury Fedora et le label Europa Cinémas à Venise en 2013, il  bénéficiera ainsi d'une promotion renforcée de la part d'Europa Cinémas.

Un 1er film parfaitement abouti, des paysages magnifiques de la Loire, un cinéma qui rappelle celui des frères Dardenne (Rosetta, l'enfant, le gamin au vélo). Jean Denizot est prêt à faire le déplacement jusqu'au Vésinet.



Le Palmarès 2013  sur le  site du festival  http://www.festivaldufilmdesarlat.com/
















Un week-end à Paris
Les Garçons et Guillaume, à table !














The Lunchbox


La Belle vie

Deauville - septembre 2012

J’ai eu la chance d’assister  à la 38ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville lors du 1er week-end. Je partage avec vous les 8 films que j’ai pu voir dont 5 en compétition et 3 en avant premières.

Deauville, c’est 15 films en sélection officielle, cette année les femmes sont à l’honneur avec 5 films, par chance 4 ont été présentés sur le 1er week-end, 7 premiers films font également partie de la sélection.

Deauville c’est aussi, 12 films en avant-premières, des documentaires, des nuits américaines, et des hommages comme celui rendu à Harvey Keitel avant la projection du film d’ouverture et à William Friedkin venu présenter « Killer Joe » sorti hier sur nos écrans. Deauville c’est aussi le meilleur endroit pour découvrir la fine fleur des films indépendants américains, il ne m’en faut pas plus pour me donner quelques idées pour notre prochaine saison cinéma d’auteurs avec l’AVF.


Hommage Harvey Keitel



1. Robot & Frank
Film en compétition de Jake Schreier  (date de sortie France : 19 septembre 2012).

Dans un futur proche, Frank, retraité cleptomane à la mémoire déclinante, mène une vie de solitaire grincheux et cynique, jusqu’au jour où son fils lui impose un nouveau colocataire : un robot. Chargé de veiller sur le vieux bougon, ce robot va bouleverser sa vie.

 Un 1er film réussi qui nous invite à méditer sur la nature humaine, la mémoire et la confiance sans toutefois convaincre totalement, Franck Langella est épatant.

Projeté en ouverture du Festival après un hommage rendu à Harvey Keitel (La leçon de Piano – Réservoir Dogs …) en sa présence.


2. For Ellen 
Film en compétition de So Yong Kim (date de sortie France : 19 septembre 2012). 

Quand Joby, rock-star en herbe, accepte finalement de signer les papiers de son divorce, il découvre qu’il est sur le point de renoncer à la garde de sa fille Ellen, âgée de 6 ans. Il réalise soudain qu’il n’est pas prêt à perdre cette part de lui-même. Espérant rattraper le temps perdu, il cherche à gagner son cœur.

Chargé d’émotion, le film nous confirme le talent de Paul Dano, nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, présent dans deux films projetés dans le cadre du festival dont une avant-première.

3. Your Sister’Sister
Film en compétition de Lynn Shelton (date de sortie France : 10 avril 2013). 

Un an après le décès de son frère, Jack, toujours perturbé, accepte la proposition de sa meilleure amie, Iris, de passer une semaine seul dans le chalet familial afin de méditer sur sa vie. A son arrivée, Jack découvre que la maison est déjà occupée par Hannah, la sœur aînée d’Iris. Une première soirée arrosée et l’arrivée d’Iris à l’improviste le lendemain déclencheront une série de révélations inattendues et de situations embarrassantes pour le nouveau trio.

Tourné en seulement 12 jours, le film a déjà été présenté dans deux des plus grands festivals de cinéma indépendant : Sundance et Toronto, indéniablement notre coup de cœur.

4. Jason Bourne : L’Héritage
Film de Tony Gilroy présenté en avant 1ère (date de sortie France : 19 septembre 2012).
 
La suite très attendue des aventures de Jason Bourne où Jeremy Renner succède à Matt Damon aux côtés de Rachel Weisz. Le réalisateur a signé le scénario des 3 premiers films.

Au final des scènes déjà vues avec en prime une course poursuite à moto assez improbable mais applaudie par le public de Deauville, quand les lumières se sont rallumées, l’équipe du film avait disparu …


5. Una Noche
Film en compétition de Lucy Mulloy  (date de sortie France : Inconnue).

Dans une société cubaine en proie au désespoir, Raul étouffe et rêve de commencer une nouvelle vie à Miami. Lorsqu’il est accusé d’avoir agressé un touriste, il n’a plus le choix et doit quitter La Havane. Il supplie Elio, son meilleur ami, de tout abandonner pour l’aider à atteindre les rivages du monde interdit, situés à 140 kms de l’autre côté de l’océan. Mais Elio est partagé entre le désir de protéger sa sœur jumelle et celui de s’enfuir …

Le 1er film d’une réalisatrice née à Londres et diplômée de l’Ecole de cinéma de l’université de New York, les rôles principaux sont tenus par des non professionnels débordant de naturel. Les images de la Havane sont magnifiques.

6. Electrick Children
Film en compétition de Rebecca Thomas (date de sortie France : 9 janvier 2013).

Issue d’une famille mormone de l’Utah, Rachel découvre par hasard le rock n’roll, en écoutant, le jour de ses 15 ans une cassette interdite. Elle n’a jamais rien entendu de tel et elle vit ce moment comme une expérience mystique et sensuelle. Trois mois plus tard, quand elle s’aperçoit qu’elle est enceinte, Rachel soutient que c’est l’écoute du morceau de rock qui en est la cause. Alors que ses parents tentent de la marier de force, elle s’enfuit à la recherche du chanteur, Rachel étant persuadée qu’il est lié au mystère de cette immaculée conception…

La réalisatrice a grandi à Las Vegas dans une famille de mormons, « Electrick Children » est son 1er film.

 


7. Elle s’appelle Ruby  
Film de Jonathan Dayton & Valérie Faris présenté en avant 1ère (date de sortie France : 3 octobre 2012).

Calvin est un romancier à succès qui peine à trouver un second souffle. Encouragé par son psychiatre à écrire sur la fille de ses rêves, Calvin voit son univers bouleversé par l’apparition littérale de Ruby dans sa vie, amoureuse de lui et exactement comme il l’a écrite et imaginée.

Une comédie rafraichissante sur l’amour impossible et les surprenantes difficultés qui surgissent quand l’impossible devient réalité.

Second film des heureux réalisateurs de « Little Miss Sunshine », primé à Deauville et aux Oscars en 2006 avec Paul Dano et Zoé Kazan, sa compagne à la ville qui signe également le scénario, on se délecte.

Le Festival a honoré ce comédien, jeune fleuron du cinéma américain, du titre « de Nouvel Hollywood » après avoir remis le prix en 2011 à Ryan Gosling pour « Drive ».


8. Killer Joe
Film de William Friedkin présenté en avant 1ère (date de sortie France : 5 septembre 2012).

Chris, 22 ans, petit dealer de son état, doit absolument trouver 6 000 dollars s’il veut sauver sa peau. Son seul espoir : les 50 000 dollars de l’assurance vie de sa crapule de mère. Mais qui va se charger du sale boulot ? Killer Joe, flic le jour et tueur à gages la nuit, est appelé à la rescousse. Mais il se fait payer d’avance et Chris n’a pas un sou en poche. Il tente de négocier. En vain. Joe refuse de discuter, il a des principes… Jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris.

Standing ovation dans la grande salle de Deauville pour le réalisateur de « French Connection » et de « L’Exorciste »

C’est noir même très noir et il faut s’accrocher mais William Friedkin demeure un grand, le film est interdit aux moins de 12 ans pour la moralité et la violence mais il faut reconnaître qu’il est excellent.
 




Cannes - mai 2012

A peine 48h après « Elena »,  je suis partie pour Cannes, mon numéro d’accréditation en poche délivré par Inter film, association qui regroupe l’ensemble des ciné-clubs de France.

Grace au ciné-club de Carrières sur Seine, j’ai pu déposer une demande dès le mois de février et être accréditée « Cannes Cinéphiles ». Je rentre de ce 65ème Festival éblouie et enrichie des 10 films que j’ai vu en 3 jours mais aussi de tous ces échanges et ces liens qui se tissent dans les longues files d’attente qui précèdent les projections avec des cinéphiles de la France entière.

Le badge « Cannes Cinéphile » permet l’accès à pratiquement toutes les projections des sections parallèles (Quinzaine des Réalisateurs, Un Certain Regard, Semaine de la Critique) la plupart du temps en présence de l’équipe du film.


Je partage avec vous les carnets de ce 65ème festival en espérant que mes coups de cœur pourront être présentés dans notre cinéma la saison prochaine.




1. Mistery
Film Chinois de  Lou Ye avec Xi QI, Lei HAO, QIN Hao (1h38). Sélection « Un Certain Regard »

"Mystery" raconte l'histoire de Lu Jie, une femme qui va découvrir que son mari Yongzhao mène une double vie, le jour où elle voit ce dernier entrer dans un hôtel avec une jeune femme. Sa vie s'effondre alors. Peu de temps après, la jeune femme en question meurt renversé par une voiture. Le policier en charge de l'affaire refuse de croire à un accident …

Seul film chinois de la Sélection Officielle, un thriller sur fond d’adultère tourné à Shanghai, le ton est donné dès les premières minutes, construit en flash back, le film ne vous lâche pas une seconde et vous dévoile tout dans les dernières minutes, un 1er coup de cœur et un réalisateur à découvrir.



2. Student

Film kazakh de Darezhan Omirbayev avec Nurlan BaitasovMaya Serikbayeva (1h30). Sélection « Un Certain Regard »

Ce film est inspiré du roman de Dostoïevski « Crime et Châtiment ». L’action se déroule au Kazakhstan de nos jours.

Le protagoniste du film est un étudiant en philosophie. Il loue une chambre au sous-sol d’une maison occupée par une vieille dame, loin du centre-ville et souffre de manque d’argent et de solitude. Parfois il va acheter du pain chez l’épicier du coin et peu à peu l’idée de cambrioler le magasin lui vient à l’esprit. Il est aussi influencé par un environnement de pauvreté et une idéologie de compétition, avec la division des riches et des pauvres, des forts et des faibles. L’étudiant est conditionné par des valeurs douteuses et commet son crime durant lequel l’épicier et une cliente deviennent ses victimes. Aussitôt après ces évènements l’étudiant se sent encore plus seul et cesse toute relation avec son entourage. Le sentiment de culpabilité grandit en lui, spécialement lorsque sa mère et sa sœur aimées viennent de province lui rendre visite. Petit à petit, l’étudiant réalise ce qu’il a fait et va se rendre à la police. 
Ce film nous vient du Kazakhstan, tout son mérite est d’exister et de nous emmener à la découverte de ce pays, sur le plan cinématographique cela reste pauvre. Vraisemblablement le film que j’ai le moins apprécié.


3. Roman Polanski : A Film Memoir
Roman Polanski: A Film Memoir, film documentaire de Laurent Bouzereau (1h35).   Séance Spéciale

C’est de chez lui, dans son chalet de Gstaad où il fut assigné à résidence en 2009, que Roman Polanski, 78 ans, répond aux questions de son ami producteur Andrew Braunsberg, filmé par Laurent Bouzereau.

Privé de liberté, suspendu à la menace d’une extradition vers les États-Unis en raison d’une affaire de mœurs concernant une mineure en 1977, le réalisateur évoque les épreuves tragiques qu’il a pu traverser: son enfance dans le ghetto juif de Cracovie, la déportation de ses parents. «Ils sont venus chercher ma sœur, elle n'était pas là, ils ont pris ma mère», jusqu’à, bien plus tard, l’horrible assassinat dont fut victime sa jeune épouse Sharon Tate, enceinte, à Hollywood… Images terribles de Polanski en pleurs, à Londres en conférence de presse à ce moment-là, il met en garde les journalistes qui colportent des rumeurs sur son sort: «Les faits vous feront honte...».
 
Plaidoyer à la gloire de Polanski, on est touché par les souffrances de l’homme, on salue le professionnel de cinéma mais on regrette que le film ne s’attarde pas plus sur son travail de réalisation.
Un journaliste anglais m’interpelle me demandant si je pensais que ce documentaire allait « réhabiliter » Polanski, je lui ai répondu que la France lui était restée fidèle lui reconnaissant un immense talent


 

4. Après la bataille
Film égyptien de Yousry Nasrallah avec Bassem Samra, Mena Shalaby (2h02). Compétition Officielle.

A travers la rencontre d'un homme et d'une femme que tout oppose, Yousry Nasrallah plonge avec "Après la bataille",  unique film véritablement politique en compétition à Cannes, dans les changements trop lents ou effrayants de la Révolution égyptienne, vécue au plus près."L'intérêt principal de faire un film c'est de raconter des histoires sur des êtres humains et comment  l'individu face aux grands événements refuse de se faire écraser par l'histoire avec un grand H", a confié à la presse l'ancien assistant de Youssef Chahine. Avec seulement cinq pages de scénario, Yousry Nasrallah a tourné sa fiction en même temps que les événements se produisaient, filmant place Tahrir, écrivant, avec son coscénariste Omar Shama, les scènes la nuit précédant le tournage ou allant jusqu'à laisser ses acteurs "travailler en incarnant des idées".
 
Le film est un peu long mais nous avons eu la chance de récupérer des invitations de couleur bleu nous permettant de monter les marches à la séance officielle de 22h30 dans la salle Lumière.



                 

5. No
Film chilien de Pablo Larrain avec Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro (1h55). Sélection «Quinzaine des Réalisateurs »

Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale consent à un référendum sur sa présidence en 1988, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de leur campagne. Avec peu de moyens et sous la surveillance constante des hommes de Pinochet, Saavedra et son équipe conçoivent un plan audacieux pour remporter le référendum et libérer leur pays de l’oppression.
 
Le film nous intègre d’entrée à l’équipe du publicitaire interprété par Gael Garcia Bernal, découvert dans le film de Walter Salles « Carnets de voyage ».

Filmé avec une caméra de l'’époque pour permettre au film de se fondre aux images d’'archives, « No » nous remémore l’histoire du Chili.
Belle relation père fils qui rend le héros très attachant. Le film est très plaisant.



6. Broken
Film britanique de Rufus Norris Cillian Murphy, Tim Roth and Lino Facioli (1h30). Sélection «Semaine de la Critique »

Après avoir été témoin d’une agression brutale, Skunk se rend compte que la maison où elle vit, son quartier, son école, lui sont devenus étrangers, presque hostiles. Les certitudes rassurantes de l’enfance ont laissé place à l’inconnu et à la peur. Et, alors qu’elle se tourne vers un avenir devenu soudain plus sombre, son innocence n’est plus qu’un souvenir. En cherchant le réconfort dans l’amitié muette de Rick, un garçon doux mais abîmé par la vie, Skunk va se trouver confrontée à un choix. Poursuivre un chemin dans lequel elle ne se reconnaît plus, ou quitter les ruines de son ancienne vie…
 
Ce film ouvre la Semaine de la Critique comme l’avait fait l’an dernier « La guerre est déclarée » de Valérie Donzelli.
Parfaitement maîtrisé tant par le style que par le scénario, ce 1er film est un sérieux prétendant  à la Caméra d’Or.
La jeune Eloise Laurence illumine le film et vole la vedette à Tim Roth, un vrai coup de cœur.
7. Au galop
Film français de Louis-Do de Lencquesaing avec Valentina Cervi, Louis-Do de Lencquesaing Marthe Keller  (1h30).
Sélection «Semaine de la Critique »


Ada avait construit sa vie, elle en était contente, en tout cas elle croyait l'être. Elle avait l'air heureuse en couple, avait eu un enfant, prévoyait même de se marier, et pof... elle était tombée sur Paul... Un écrivain en plus, ce Paul, et qui vit seul avec sa fille, a une mère des plus envahissantes, et qui a la mauvaise idée de perdre son père alors même que cette histoire commence à peine... La vie s'accélère. Il était temps.
 
Le scénario est classique mais ce 1er film (autobiographique) de ce comédien vu dans « Le père de mes enfants » de Mia Hansen Love nous dresse 3 beaux portraits de femmes à des âges différents et rend le film tendre et attachant comme dans la vraie vie. Il est servi par des actrices impressionnantes de naturel dont Marthe Keller qui se fait trop rare au cinéma mais il n’a pas la carrure d’une Caméra d’Or.
8. Laurence anyways
Film franco-canadien de Xavier Dolan avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye (2h39). Sélection « Un Certain Regard »

Dans les années 90, Laurence annonce à Fred, sa petite amie, qu’il veut devenir une femme. Envers et contre tous, et peut-être bien eux-mêmes, ils affrontent les préjugés de leur entourage, résistent à l’influence de leur famille, et bravent les phobies de la société qu’ils dérangent. Pendant dix ans, ils tentent de survivre à cette transition, et s’embarquent dans une aventure épique dont leur perte semble être la rançon.
 
Tout l’univers un peu déjanté de Xavier Dolan est là. Le jeune prodige du cinéma Québécois poursuit sa quête sur l’identité. Le comité de sélection lui a refusé l’accès à la compétition officielle après deux sélections et deux prix en 2009 et 2010 écartant ainsi Melvil Poupaud d’un possible prix d’interprétation. Ne connaissant pas encore le cinéma de Xavier Dolan, cela sera le film choc de mon festival.
 
2009 – J’ai tué ma mère
2010 – Les Amours Imaginaires


9. La Sirga
Film colombien de William Vega avec Joghis Seudin Arias, David Fernando (1 h 28). Sélection «Quinzaine des Réalisateurs »

Alicia est désemparée. En fuyant la violence armée dans laquelle elle a perdu ses êtres les plus chers, elle atterrit à La Sirga, l’auberge d’Oscar, le seul membre de la famille qu’il lui reste. Dans La Sirga, au bord d’un grand lac des Andes, elle va essayer de reconstruire sa vie. Mais cet endroit où elle se sent en sûreté ne sera pas épargné par les conflits. Le retour de Freddy, le fils qu’Oscar a attendu pendant des années, ses intentions énigmatiques et son possible lien avec des acteurs de la guerre, apporteront à La Sirga ce qu’Alicia craint le plus
.

La magie de Cannes est de passer d’un genre à un autre. Ce film est une plongée dans un univers inconnu. Il raconte l’histoire de la reconstruction d’une jeune fille en même temps que celle de l’auberge « la Sirga » où l’on espère accueillir des touristes. Des plans magnifiques dignes de figurer dans le magazine « Géo » et un film tourné en 4 semaines dans une nature très hostile. Inattendu et magique.

10. Les voisins de dieux
Film israélien de Meni Yaesh avec Roy Assaf, Gal Friedman, Itzik Golan (1 h 38). Sélection «Semaine de la Critique »
 
Il faut respecter les règles. Avi, Kobi et Yaniv, trois bons copains, se sont auto-désignés surveillants d’un quartier de Bat Yam en Israël. Ils sont jeunes, savent se battre, Avi est leur chef. Ils surveillent les tenues des femmes, font respecter le shabbat, et s'assurent que les Arabes de la ville de Jaffa n’entrent pas dans le quartier avec leurs voitures diffusant de la musique tonitruante. L'équilibre de la bande vacille le jour où Avi tombe amoureux d’une jeune fille.

C’est surtout le thème du film qui interpelle car ils ne sont pas si nombreux à traiter de la recrudescence d’extrémisme religieux en Israël. L’histoire d’amour naissante adoucit le film et sera salutaire au héros sans pour autant nous convaincre totalement.